Table ronde

Au cours de l’Assemblée Générale de la Mission Populaire a été organisée une table ronde publique destinée à réfléchir aux enjeux à venir auxquels elle aura à répondre.

Texte des interventions de la table ronde


Enjeu institutionnel
François CLAVAIROLY

Enjeu social et politique
(Texte non parvenu)


Enjeu spirituel
Anne-Sophie DENTAN

Trois enjeux pour les années à venir

Un enjeu institutionnel

Martin Luther King, assassiné il y a tout juste 50 ans, a écrit que « toute religion qui n’est pas capable de répondre aux problèmes sociaux, économiques et politiques de la société dans laquelle elle vit, n’a pas de raison d’exister ».

Dès son origine, la Mission Populaire a incarné le mouvement naissant du Christianisme Social.

Dans un contexte de retour à des replis religieux fondamentalistes et moralistes, y compris dans le monde protestant, comment redynamiser la Mission Populaire en un mouvement vivant et quel rôle, quel apport, quel impact peut-il avoir aujourd’hui au sein du paysage protestant français ?

Un enjeu social et politique

« Personne n’éduque personne, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble » écrivait Paolo Freire dans sa « Pédagogie des opprimés ».

La Mission Populaire s’est également construite sur une dynamique d’éducation populaire qui est ce processus à partir duquel il s’agit, individuellement et collectivement, d’affirmer sa dignité, de s’auto-éduquer, de prendre conscience des rapports sociaux et de construire une force collective, apte à imaginer et à agir pour la transformation sociale.

Or le désengagement des politiques publiques a amené les fraternités à pallier de plus en plus au manque des prises en charge publiques, les relayant dans un rôle d’assistance auprès de populations de plus en plus exclues du droit commun.

Dans ce contexte comment élargir notre pratique sociale à une action plus globale qui favorise le dialogue, le lien, la compréhension de l’autre, qui change les représentations sur la différence, donne toute sa place à l’autre, au différent, et engage à la construction d’une société plus inclusive ? Une action sociale globale qui, aussi, renforce la capacité d’agir des personnes dans une société qui demeure inégalitaire et discriminante et où le pouvoir d’agir est déterminant.

Un enjeu spirituel

Nous sommes dans un temps de recomposition du vivre ensemble, où nous devons promouvoir une laïcité non d’affrontement mais de confrontation, une laïcité de débat et non de tolérance (1).

Comment dans ce contexte et au cœur des actions sociales menées au sein de nos fraternités, pouvons-nous relever le défi d’être aujourd’hui encore une Mission ancrée et portée par la parole évangélique ? Quelles sont les demandes de sens, les demandes existentielles et spirituelles de toutes les personnes que nous accueillons et accompagnons ? Comment parvenons-nous à les entendre et à y répondre ?

1. Cf le discours de Rabaut Saint Etienne à l’Assemblée Nationale le 23 août 1789 :

« Messieurs, ce n’est pas la tolérance que je réclame : c’est la liberté… La différence de religion, la différence d’opinion n’est pas un crime… La Tolérance ! Je demande que ce mot soit proscrit à son tour, et il le sera, ce mot injuste qui présente comme des Citoyens dignes de pitié ceux que le hasard souvent et l’éducation ont amenés à penser d’une autre manière que nous. L’erreur, Messieurs n’est point un crime. Celui qui la professe la prend pour la vérité, elle est la vérité pour lui. Il est obligé de la professer, et nul homme, nulle société n’a le droit de le lui défendre ».