La Belle de mai à fond avec son quartier

Après un mois de confinement, notre système de compagnonnage a permis de mettre en relation 200 habitants bénévoles solidaires et 260 foyers précaires (personnes seules ou familles) ; soit plus de 1.000 personnes qui s’entraident ainsi chaque jour !

805 paniers de produits de première nécessité (aliments, protections périodiques, couches et lait infantile…) ont pu être distribués ainsi que 200 masques. Le compagnonnage permet également d’aider à l’accès ou au rétablissent des droits (logement, éducation, santé…). Au-delà des chiffres, ce sont surtout des liens qui se sont créés, des nouvelles échangées, qui permettent de tenir dans ces temps compliqués pour tous. C’est cette fraternité et cette convivialité que nous cherchons à faire germer dans cette période si anxiogène, notamment pour les enfants.

Chaque jour de confinement supplémentaire resserre l’étau sur les familles car les ressources liées à l’économie informelle ont disparu (mendicité, travail précaire ou au noir, récupération…) et les possibilités de report de loyers sont limitées. Les besoins continuent donc d’augmenter.

Avec plus de 1.000 personnes soutenues et engagées, nous dépassons largement les perspectives initiales !Nous avons dû suspendre la semaine du 13 avril l’inscription de nouvelles familles pour pouvoir nous réorganiser. Nous travaillons à la mise en place de sous-groupes autonomes pour simplifier le fonctionnement, tout en assurant une coordination et une mise en réseau efficace de ces groupes. Nous accompagnons également la structuration d’autres collectifs et leur mise en lien avec les initiatives associatives et institutionnelles annoncées (aides financières, distribution alimentaires…).

Mais le confinement ne sera pas levé avant le 11 mai et, même après cette date, certaines personnes à risque resteront confinées. Il nous paraît donc nécessaire que notre action soit maintenue au moins un mois après la fin du confinement ; les familles ne pourront en effet redresser leur situation économique immédiatement.

A la manière de Martin Luther, le réformateur protestant, qui disait : « Si l’on m’annonçait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier », nous plantons des graines que d’autres récolteront demain.

Pierre-Olivier Dolino, pasteur-directeur de la Fraternité de la Belle de Mai (Marseille – 03).