Foyer de la Duchère – Témoignage d’une aumônière en Ehpad

Témoignage de Myriam Préaux, aumônière en Ehpad

Je lui ai posé la question à propos de sa vision de la confiance dans son apostolat.
Elle m’a donné une définition du mot comme elle le perçoit : la confiance, c’est « croire avec ». Celle-ci s’établit dans la relation et c’est ce que Myriam vit quotidiennement dans les Ehpad.


Au début du confinement elle a compris l’attente des équipes des différentes maisons : c’était l’importance de l’apport spirituel aux résidents ; c’était avoir confiance ensemble.Tout cela n’est pas lié à un optimisme de posture mais c’est le comment on reste debout dans cette période incertaine :
– On ne sait pas comment va évoluer le virus
– On ne sait pas quels résultats auront les décisions du Gouvernement
– ……

On a besoin des autres pour réfléchir ensemble. La confiance, ça se nourrit. Quelle nourriture vais-je aller chercher pour être encore debout ?  Ce qui me nourrit et nourrit les autres, c’est la relation.
On fait très attention aux corps et on oublie que l’homme n’est pas qu’un corps. On a constaté de nombreux burn-out en raison du Covid. Certaines décisions pendant le confinement ont été aberrantes, comme interdire l’accès aux berges du canal du Rhône : du coup les gens se rassemblaient dans le centre de Décines.

Être aumônière c’est donc d’abord croire avec. En entrant dans la chambre d’un résident, poursuit Myriam Préaux, je demande toujours si c’est le bon moment. Dans la majorité des cas les gens acceptent. Je marche alors avec la personne et nous voyons ensemble où l’on va. Ça passe parfois par l’appel aux souvenirs surtout pour les personnes atteintes d’Alzheimer. Il y a des moments où l’on atteint ses limites jusqu’à l’impuissance. Le seul pouvoir est alors d’être là.

Une dame n’arrivait pas à parler en raison d’une situation trop lourde à vivre puis la situation s’est débloquée quand elle a déposé devant Myriam le fardeau qui la bloquait. Quand ils ne parlent pas d’eux, les résidents ont besoin qu’on leur apporte des nouvelles de l’extérieur. Les gens ont besoin de partager jusqu’au soir de leur vie.

Il y a des moments de grâce lors d’un temps de prière  ou lors du partage d’un goûter ensemble quand c’est possible. Quand l’accès à une résidence n’était plus possible il y a eu des échanges sur Skype avec l’aide du personnel de l’Ehpad.

Lors de ces échanges Myriam a constaté qu’il y avait souvent des rires au milieu de tout ça, ce qui prouve encore la capacité de vie, c’est-à-dire de s’émouvoir.

Propos recueillis par Jacques Henri Fréalle