Culte en ligne du 3 mai : Textes et vidéo

Retrouvez le culte en ligne du 3 mai, animé par Grace Gatibaru, pasteure du Picoulet (Paris 11e).

Les textes ci-dessous et la vidéo en ligne sur Daily Motion.

Accueil (Grace Gatibaru)

Bienvenu.e.s au 4eme culte après pâques. En route tous ensemble vers l’Ascension et la Pentecôte, c’est un moment propice pour méditer sur les enseignements que Jésus nous a légués.

Louange (Sophie Fauroux)

Seigneur Dieu, béni sois-tu

Pour la force de ton amour,

Pour l’éternité et la permanence,

Et parce que tu parles au cœur de chaque homme et chaque femme

béni sois-tu!

Pour la fidélité de ton alliance,

Pour le peuple que tu as choisi et la Loi que tu lui as offerte

Et les prophètes, les sages et les fous que tu as fait se lever

béni sois tu

Pour la venue de Jésus parmi nous,

Pour sa vie donnée et sa résurrection,

et l’humanité restaurée

béni sois-tu!

Pour la venue de l’Esprit qui nous sanctifie

Pour l’Eglise qui fait mémoire de ton amour

et la promesse du Royaume à venir

béni sois-tu!

Pour le soin que tu prends de chacun d’entre nous,

Malgré et pendant les maladies et les drames que nous traversons

et la consolation au milieu de nos tourments

béni sois-tu!

Pour notre présence, ce matin,

pour la joie de chanter et te louer,

et ce moment de paix que tu nous offres

béni sois-tu!

Que nous recevions ta Parole,

pour qu’elle apaise§,

réconforte et réjouisse notre vie. Amen.

Repentance (Christophe Verrey)

Je vous invite à rentrer en vous-même, au plus profond,

pour y découvrir vos pensées cachées…

Qu’avons-nous fait, bonnes gens, dites-moi, de la beauté du monde ?

Nous l’avons saccagée , torturée, défigurée, à demi tuée !

Et nous pensions que cela ne se verrait pas ?
Qu’ai-je fais, seigneur, pour mériter tout cela?

Ai-je tort de vouloir consommer, de vouloir avoir tout ce que je voudrais ?

Ai-je tort de ne pas penser aux autres, de ne pas applaudir quand il faut,

de ne pas me montrer solidaire et de rester tout seul dans mon coin ?

Que va-t-il arriver de moi ?

Pardon
Écoute-moi, ne fais pas l’enfant!
Jésus se fiche pas mal de tes contritions, de nos attristements !

Tu peux le faire, certes, si ça te fais du bien,

mais il ne t’oblige pas à pleurer pour quémander son pardon, non!

Il te demande simplement de lui faire confiance,

de sortir de ton enfermement,

de pousser sa porte, d’entrer dans sa grâce.

La repentance, la conversion et la foi sont une seule et même idée :

il faut quitter tes chemins perdus, pour retourner à sa suite,

sur « le seul chemin » de l’amour de Dieu et du prochain.

Il te faut le retrouver et le suivre avec confiance,

alors il te mène tout droit à la grâce, au pardon et à la vie éternelle.

C’est sur ce chemin que le Christ t’attend, pour te sauver du mal !

Nul ne se sauve tout seul.

N’hésite donc pas à quitter tes routes tordues,

tes idées rigides, tes fausses certitudes !

Aime en toutes choses, et tu trouveras ce chemin.

Ne pleure plus, mon frère,

sèche tes larmes ma sœur !
Souris!
Il est là, le chemin, ouvert devant toi !
« Qu’il te conduise
à travers ciel
Au père éternel »!

+ POWERPOINT avec des smileys ?

Annonce de la Loi (Sylvain Cuzent)

En cette période de confinement comment t’être fidèles Seigneur?

Ici c’est une distribution de nourriture et de produits de première nécessité et un micro ondes à des familles dans des hôtels sociaux et à d’autres en situation d’extrême précarité, c’est la mise à l’abri de personnes sans domicile et un accompagnement social.

Là c’est une distribution de tablettes numériques pour que des enfants puisse rester en lien avec leur école, soutenir les élèves du soutien scolaire leur apporter aussi des jouets.

C’est prendre des nouvelles des uns et des autres,

Ailleurs ce sont 200 habitants bénévoles solidaires avec 260 foyers précaires, plus de 1.000 personnes qui s’entraident chaque jour !

Une aide à la structuration de collectifs en lien avec des initiatives associatives et institutionnelles annoncées (aides financières, distribution alimentaires…).

Mais aussi le maintien de l’accompagnement social de familles du voyage et une mobilisation pour des préconisations en matière de prévention sanitaire.

Un atelier couture et une centaine de masques fabriqués et offert aux équipes qui font des courses ou qui livrent des colis alimentaires pour des personnes fragiles notamment pour une dame qui vit seule dans une caravane sans eau, sans électricité, sans téléphone étonnée que des personnes puissent se soucier d’elle.

C’est Esther qui chaque matin fait des copies d’écran des devoirs pour une petite fille du soutien scolaire, ou Odile qui inscrit les enfants d’une Frat Miss Pop sur un site d’assistance scolaire ou Mabinou qui essaie de comprendre où se trouve l’exercice n°4 de la page 131.

Merci Seigneur pour cette générosité, pour ces expressions de fraternité et de solidarité toi qui nous as dit « Aimez vous les uns les autres. Comme moi même je vous ai aimés, aimez vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaitront pour mes disciples à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »

Prédication : Santé publique et crise de relations interpersonnelles (Grace Gatibaru)

Luc 17:11-19 (SG21)

11 Alors qu’il se rendait à Jérusalem, Jésus passa entre la Samarie et la Galilée.

12 Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre.

Ils se tinrent à distance

13 et se mirent à lui dire: «Jésus, maître, aie pitié de nous!»

14 Lorsqu’il les vit, Jésus leur dit: «Allez vous montrer aux prêtres»

Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.

15 L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas en rendant gloire à Dieu à haute voix.

16 Il tomba le visage contre terre aux pieds de Jésus et le remercia. C’était un Samaritain.

17 Jésus prit la parole et dit: «Les dix n’ont-ils pas été guéris? Et les neuf autres, où sont-ils?

18 Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et rendre gloire à Dieu?»

19 Puis il lui dit: «Lèves-toi, vas-y, ta foi t’a sauvé.»

Que le Seigneur bénisse sa parole.

Donnons du contexte à ce texte:

Luc, l’auteur de notre évangile (et du livre des Actes des apôtres) est d’origine grecque et fidèle ami de l’apôtre Paul. Il porte un regard de médecin, de non-juif et de disciple de Jésus à ses recherches pointilleuses sur des évènements en Israël du 1ère siècle.

Au temps de Jésus, la Palestine était divisée en trois régions, la Galilée au nord, la Judée au sud (avec sa capitale Jérusalem et le temple), et la Samarie entre les deux. La Samarie était déconsidérée par les juifs, car elle avait un temps été occupée par l’Assyrie, avec pour résultat des mariages mixtes entre juifs et assyriens et une population « impures » aux yeux de Judéens qui se considèrent comme dépositaires de la religion la plus orthodoxe. On constate dans les évangiles, que ces Judéens ou Juifs déconsidèrent quelque peu les Galiléens, mais cela est un autre sujet.

Les voyages de Jésus entre la Galilée et la Judée l’oblige parfois à passer par la Samarie, mais Jésus a aussi la possibilité de passer par l’est du Jourdain, qui appartient au nord à la Décapole et au sud à la Pérée.

Dans notre texte, Jésus, accompagné sans doute de ses disciples, monte à Jérusalem pour l’ultime Pâque, pour la passion et pour la résurrection victorieuse. Jésus passe en bordure de la Samarie. A l’entrée d’un village dont l’évangéliste Luc ne précise pas le nom, un groupe de dix lépreux s’avancent vers Jésus.

Crise de santé publique et crise des relations interpersonnelles

Rappelons ici le statut de lépreux pour comprendre les enjeux de cette rencontre :

Lévitique chapitres 13 et 14 définit les règles qui régissent le lépreux. Une personne soupçonnée d’être lépreuse est amenée à un prêtre, descendant de la lignée d’Aaron qui l’inspecte et la certifie soit officiellement lépreuse et donc rituellement impure, soit sans lèpre et rituellement pure. En cas de doute, la personne est mise en quarantaine pendant 7 jours renouvelables une fois.

Une fois déclarée rituellement impure, la personne est confinée en dehors de son village ou ville, sans accès aux rassemblements religieux. Elle doit porter de vêtements déchirés, peut-être en signe de deuil social, porter ses cheveux longs, couvrir sa lèvre supérieure et avertir le public de sa présence en criant « impure, impure ». Elle doit enfin se tenir à une distance bien définie des personnes saines.

Les juifs voyaient la lèpre comme une punition méritée de Dieu (cf. Nombres 12 où Miriam est punie de la lèpre à cause de sa rébellion contre son frère Moïse).

Ce statut de lépreux nous interpelle, car il est dicté par les impératifs évidents de santé publique, mais le coût social pour le lépreux et pour la communauté est élevé.

Distanciation sociale oblige, les dix lépreux se tiennent loin de Jésus et l’interpellent comme d’une même voix, «Jésus, maître, aie pitié (ἔστησαν-compassion) de nous!», car la compassion comprend tout à demi-mot et la compassion peut tout faire. La compassion répond au besoin profond et inexprimé, «Allez- vous montrer aux prêtres». Au prêtre chacun de la résidence d’origine, seul compétent pour valider la purification et pour faire les cérémonies et sacrifices nécessaires.

Dans l’évangile de Luc ch. 17 verset 5, les disciples demandent à Jésus d’augmenter leur foi. Dans notre texte, voici dix lépreux mus d’une sorte de foi impérieuse, sollicitant Jésus, confiants qu’il peut leur communiquer une grâce. Ils ont certainement déjà entendu parlé de Jésus, qui a déjà touché et guéri un lépreux (Luc ch. 8).

Les dix lépreux prennent la route « par la foi » et la lèpre disparait. Le récit de Luc le médecin, est ici nuancé. Sans entrer dans l’analyse de cette guérison, nous constatons simplement que les dix lépreux sont purifiés (ἐκαθαρίσθησαν), mais que l’un d’entre eux, se voit physiquement guéri (ἰάθη).

Justement, cet homme est un Samaritain, moitié Juif mais toujours l’étranger (ἀλλογενὴς-d’une autre race), qui revient sur ses pas et se distingue encore plus par sa gloire (δοξάζων) à Dieu, et sa grâce (εὐχαριστῶνà-cf. eucharistie) à Jésus. Puis Jésus lui insuffle la vie comme à un mort « lèves-toi, vas-y, ta foi t’a sauvé» (σέσωκέν).

Le propos d’aujourd’hui n’est pas tant d’opposer la gratitude, l’adoration et le salut du Samaritain et ce qui peut interpréter comme l’ingratitude des neuf autres, que de revoir comment nous nous traitons mutuellement pendant une crise sanitaire.

Les dix lépreux sont solidaires dans leur malheur, intouchables, coupés de la vie familiale, sociale, et économique du pays. Ils se déplacent comme un seul corps, et interpellent Jésus d’une même voix. Ils sont tous vraisemblablement du sexe masculin, mais on ne devine à ce stade, rien de leur identité.

Une fois rendus purs par Jésus, le groupe se désolidarise, c’est un peu chacun pour soi. Leur identité commence à se dessiner. Les neufs sont-ils juifs? C’est fort possible. En se précipitant pour partir consulter un prêtre, ils obéissant à l’injonction de Jésus. Tout est à nouveau possible au niveau individuel, et chacun a moins besoin du groupe pour sa survie.

Jésus nous souligne un homme Samaritain « cet étranger ». Lui aussi part se montrer à un prêtre en Samarie. Il est doublement intouchable, par sa race et par son mal. Est-ce que c’est cette double exclusion qui lui a rendu plus sensible au don de Jésus? Le Samaritain ne se laisse pas aigrir par la discrimination subie par son peuple ou par l’appellation « étranger » et il en ressort doublement béni : guéri et sauvé.

L’évangile de Luc nous montre un Jésus trouvant la foi propice aux miracles chez l’étranger, chez celui qui vient d’ailleurs (la veuve de Sarepta dans Sidon au temps d’Eli, Naaman le Syrien au temps d’Elisée, et le bon Samaritain de la parabole du même nom), plutôt que chez son peuple juif.

Défis grandissants du monde post-moderne et crise de relations humaines: « mon prochain » ou « cet étranger »?

Jésus à une tendresse particulière pour le marginalisé, l’exclu, le pauvre, le captif, l’opprimé, le perdu, le plus petit, l’oublié,…et il se trouve que les Fraternités de la MPEF s’en occupent traditionnellement.

Depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020, tout le monde a fait preuve de créativité pour maintenir le lien et pour se nourrir mutuellement l’âme (par des appels téléphoniques, messages électroniques, cultes en lignes), et le corps (par la collecte et distribution de denrées alimentaires, par des achats et livraisons des produits de première nécessité aux personnes nécessiteuses, fragiles ou aux familles confinées à l’hôtel),…tous prochains et non étrangers.

Avec le déconfinement, l’église et les autres personnes de bonne volonté, plutôt écartées du front de la crise sanitaire actuelle, retrouveraient post- confinement, toute leur place de véritables partenaires et acteurs sociales. Plus généralement, les différentes communautés religieuses, nous indiquent avoir hâte de reprendre une vie normale et de se rassembler à nouveau avec toutes les précautions qui s’imposent…. en « prochain » ou en « étranger »? 

Nous avons, pendant cette séparation forcée, peut être cultivé ou arrosé les fruits de l’esprit, telles la charité, la patience et la bienveillance. Nous en aurons besoin pour nos prochains qui traversent ou qui ont traversé les drames personnels en cette période et nous en aurons besoin face à l’inévitable tension entre les exigences des libertés publiques et les exigences de la santé publique…. toujours « mon prochain » ou désormais « cet étranger » ?

Et notre relation avec Dieu notre Seigneur ?

Peut-être sommes-nous fâchés contre Dieu. Pourquoi a-t-il permis tant de souffrances, de morts et des pertes financières et personnelles ?

Les neuf lépreux, sont tellement contents d’être guéris qu’ils en oublient de remercier le Seigneur et le Samaritain prend le temps d’apprécier ce qui lui arrive et reçoit davantage de grâce lors d’un tête à tête avec Jésus.

Est-ce que de toute notre vie, il y a une chose pour laquelle nous pouvons rendre gloire à Dieu?

Est-ce que depuis janvier ou même depuis le confinement nous pouvons trouver au moins une raison pour rendre grâce au Seigneur ?

Christophe Verrey, pasteur au Foyer Grenelle invitait dimanche dernier ceux qui ont été guéris à remercier le Seigneur, et ceux qui ont perdu un être cher à remercier aussi le Seigneur d’avoir vaincu la mort et donné une vie nouvelle.

Malgré nos pertes plus ou moins douloureuses, le Seigneur nous a permis de voir ce jour, pouvons-nous nous en emparer ?

Pour la vie, pour cette journée, nous rendons grâce au Seigneur. AMEN.

Prière d’intercession (Christophe Brénugat-Valpreda)

Je commençais à écrire une prière d’intercession en me disant : « il me faut organiser le planning de travail de l’Éternel notre Dieu, lui dire ce qu’on attend de lui et lui imposer du boulot pour cette semaine ». Mais ce matin dimanche je reçois une lettre, la poste divine fonctionne bien le jour du Seigneur.

 

Je vous la lie, elle nous est adressée :

Mon humain qui es sur terre, tu sais que ton nom fait ma joie, ton règne sur terre est aussi le mien et ma volonté sera la tienne. 

J’espère que tu ne crois pas que c’est moi, pour te punir, qui t’envoie ce satané virus ! Mais il est là ! Alors tu en fais quoi ?

Moi, ton Dieu, je t’invite à regarder le monde, les gens, les choses avec un regard nouveau, demain, quand la vie reprendra, elle ne devrait pas être comme hier, avant la maladie. Profite de cette expérience dramatique pour changer ton mode de consommation, profite pour repenser ton impact sur la nature, sur la planète. Et si tu prenais conscience, enfin, que la mondialisation est au service des plus riches au détriment des plus pauvres. 

Profite aussi de ces derniers jours de confinement pour appréhender la suite : que vas-tu faire, quel sera ton engagement aux côtés de ceux qui sortiront de ce temps de pandémie encore plus pauvres, encore plus seuls, encore plus marginalisés ?

Profites-en aussi pour bien penser ton déconfinement, penser les risques que tu ne dois pas prendre.

Alors, quel sera ton monde nouveau ? La pandémie t’aura-t-elle ouvert les yeux ? T’aura-t-elle guérie de ta lèpre ? En sortiras-tu grandis ? Prêt pour dire : « Merci la vie ! »

Et l’Éternel finit sa lettre avec cette formule habituelle de politesse : « Amen ! »

Que lui répondons-nous ?

Notre Père qui es aux cieux,

que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite,

sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,

pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi

à ceux qui nous ont offensés

et ne nous laisse pas entrer en tentation,

mais délivre-nous du mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire aux siècles des siècles. Amen !

Envoi – Bénédiction (Grace Gatibaru)

Que le Seigneur tout puissant nous accompagne sur la route de l’Ascension et de la Pentecôte. Qu’il nous remplisse d’une joie parfaite, de la bienveillance envers notre prochain, et du courage devant les défis nouveaux, afin que nous embrassions la belle aventure de la vie, avec reconnaissance envers notre Seigneur, par la puissance du Saint Esprit, et pour la gloire de son nom.

Allez dans la paix du Seigneur.

Bonne semaine.