La fraternité Mission Populaire de Trappes n’est pas née en 1979 grâce à l’arrivée providentielle de Jean-Paul Morley comme il semble le penser…

Les protestants du coin (à l’époque membres de l’ERVYS, c’est-à-dire Eglise réformée à Versailles et Yvelines Sud) ont pris la peine de faire une étude. Ils étaient plusieurs protestants à Trappes même, soucieux du témoignage auprès des personnes de nombreuses nationalités, échouées là par le «hasard» des constructions qui avaient transformé ce gros bourg en cité.

Ils ont envisagé plusieurs hypothèses, ont associé à leur réflexion la CGE (Commission générale d’évangélisation de l’ERF) et la Communauté des Diaconesses, avant de retenir la Mission Populaire à laquelle ils ont fait appel. Aucun équipier n’ayant été trouvé dès l’appel, André Leenhardt, Secrétaire général de la MPEF à l’époque, a accompagné l’équipe initiale dans ses réflexions, ce qui a permis d’affiner le projet, de bâtir un cahier des charges et d’être d’une certaine manière déjà présents auprès des habitants.
Faut-il rappeler que Colette Freychet et Roseline Paugois (pour ne citer qu’elles, deux grandes «bourgeoises» protestantes, il est vrai !! habitaient Trappes depuis quelques années déjà, l’une au square des Merisiers (dont on a entendu parler en ce début d’été 2013) et l’autre au square Paul Langevin (qui deviendra dès 1978 la base du nouveau poste). Et il y en avait quelques autres qui, bien qu’habitant le vieux bourg, n’en étaient pas moins partie prenante, la famille Detournay ou Geneviève par exemple.

A la suite de ces réflexions, maintes fois discutées au sein du comité national à la lumière de l’expérience déjà concrétisée d’autres lieux, notamment à La Rochelle Mireuil, la candidature d’une première équipière en juillet 1978 a permis à l’entreprise de démarrer, sur la base d’un mi-temps, charge à elle de trouver un autre mi-temps, non pas seulement destiné à sa survie, mais à l’intégration dans le tissu local.

Il n’a pas été difficile de convaincre la société d’HLM de fournir un logement à la Mission Populaire. Le premier logement, situé au 6 square Paul Langevin a servi, pendant deux ans, à la fois de logement à l’équipière et de local d’accueil pour les premières activités.
Dès l’été 1978, donc, installation à Trappes, recherche d’emploi à l’ANPE locale, emploi finalement trouvé grâce à un «paroissien» de Trappes, à la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Ville Nouvelle où j’ai enseigné la sténo-dactylo dans le cadre des formations proposées par l’ANPE à des chômeuses.

Et dès le début, de nombreuses visites, à partir du quartier proche, à partir des connaissances déjà avancées, faites par Colette, Roseline et d’autres, participation à Vie Libre pour affronter les problèmes d’alcool avec une association déjà bien implantée plutôt que d’en créer une autre, même du «sérail». Très vite, le souci des mères de famille pour leurs enfants souvent mal adaptés au système scolaire, a fait germer l’idée d’un soutien scolaire. J’aime à rappeler, mais ça devient très personnel, que ma propre mère, dans les années 1930, a connu la Mission populaire et découvert l’évangile grâce à l’accueil après l’école qui existait à Fontaine-au-Roi (Paris XIème).
C’est donc dans le salon de l’appartement du 6 square Paul Langevin, un trois pièces fort bien conçu malgré l’environnement si l’on peut dire… qu’a démarré cette première activité. D’une manière ou d’une autre, un membre de l’équipe de soutien ou l’équipière avait rendu visite aux familles et ce sont elles qui envoyaient les enfants. Il n’a pas été difficile de recruter plusieurs personnes qui ont assuré cet accueil trois fois par semaine. Comme dans le principe des braderies (qui existaient à l’époque dans toutes les frats) une modique participation financière était demandée.

La Mission Populaire travaillant à l’époque en étroite collaboration avec Soleil et Santé qu’elle avait créé, il a tout de suite été question de permettre à des enfants d’aller à Peyrebrune ou ailleurs pour les vacances. Comme l’ère du «tout sécuritaire» n’était pas encore née, il a été possible de faire des merveilles avec pas grand-chose. Les appels étaient entendus, et, en attendant de pouvoir organiser les braderies qui sont venues bien après, la constitution d’une association parallèle «culturelle», c’est-à-dire loi 1901, a permis de recueillir quelques subventions. Par exemple la superbe machine à écrire à boules qui a permis de lancer le Journal de Miss Pop, largement diffusé dans les boîtes aux lettres…

La Mission Populaire n’était pas la seule présence évangélique dans le secteur. Un prêtre un peu en marge de sa hiérarchie habitait là (et y habite toujours) et accueillait dans son appartement haut perché du square de la Commune de Paris, tous ceux et celles qui avaient besoin de parler, mais aussi de lire la Bible ou de célébrer l’eucharistie. Une communauté de sœurs enseignantes dans les environs partageaient là un appartement, je ne sais plus dans quel square, et pratiquaient également l’accueil sans frontières.

Tout était bien organisé à l’ERVYS mais les protestants de Trappes ont été bien heureux d’avoir leurs réunions sur place, sans faire des kilomètres pour participer à une étude biblique. Alors, même si les voisins immédiats ne se sentaient pas concernés, cette présence chrétienne existait. Rapidement, les enfants du coin qui le souhaitaient ont aussi eu l’école biblique, animée par la mère d’un d’entre eux et l’équipière Mission populaire. Le premier enfant des Morley a été baptisé (ou présenté ?) dans ce local de la Mission populaire square Paul Langevin et même s’il n’y avait pas foule ce jour-là, il n’y avait pas non plus que des chrétiens convaincus…

Une dernière chose, car je pourrais poursuivre trop longtemps et lasser le lectorat ! Lorsque, après deux ans de travail, la réflexion a été menée pour savoir comment intensifier le travail qui ne demandait qu’à se développer, il a été question que je cesse mon activité à la Chambre de commerce pour passer à plein-temps. Il a été préféré de faire appel à un «alter ego», c’est-à-dire quelqu’un qui, comme moi, serait employé à mi-temps par la Mission populaire et à mi-temps ailleurs, toujours dans cette même optique de se faire plus proche des personnes qui n’étaient pas venues à Trappes par choix.

Ne serait-ce pas là «l’erreur» de Trappes ? En lisant la rancœur entre les lignes écrites par Jean-Paul Morley, je me dis que… peut-être…

Danielle Morel-Vergniol
22 juillet 2013


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Réponse à l’article de JP Morley « Projet de Fraternité Miss Pop : des trucs pour réussir » dans le journal de la MPEF « Présence » n°2 été 2013 page 8.

L'analyse de JP Morley sur la naissance de la Frat de Trappes lui appartient et laisse deviner pas mal de divergences voire de conflits et même de blessures individuelles et institutionnelles de l'époque, il y a 35 ans. N'ayant pas participé à cette naissance difficile, je n'ai pas à la juger aujourd’hui et n’ai pas envie d’entrer dans une polémique qui ne nous concerne pas et alors que nous avons bien d’autres soucis et de tâches à accomplir au nom de Jésus-Christ au sein de cette ville.

En revanche je ne partage pas la conclusion de l'auteur. Personne ici à Trappes ne se reconnait dans le fait qu'on réduise notre Frat d'aujourd'hui à "un travail de prévention et de soutien scolaire, même excellent », ou qu'on lui colle l'étiquette un peu méprisante d'une "sorte de centre social et de secours protestant" . Beaucoup parmi nous, gens de Trappes et des paroisses et communautés environnantes y compris évangéliques et même catholique et musulmane, ressentent un tel jugement péremptoire comme réducteur et même malveillant à notre égard. Et qu'est-ce qu'on entend exactement par "activité spirituelle" qui serait absente ici? Curieuse théologie cléricale ! L' Esprit dont on parle, càd la présence réelle du Christ en esprit aujourd'hui parmi nous à Trappes, dans l’église et dans le monde, cet Esprit se laisserait-t-il enfermer dans les seules activités cultuelles, prédicantes, catéchisantes, célébrantes et ecclésiales ? Que fait-on du témoignage évangélique en paroles et en actes et du service diaconal rendu au nom du Christ et sous des formes diverses, dans tant d'associations, d’œuvres , de mouvements et communautés protestants membres de la FPF? Ceux-ci ne sont-ils pas eux aussi des lieux où peut vivre et témoigner l'Eglise et où peut souffler l'Esprit même s’ils ne constituent pas des « églises locales instituées » avec leurs pasteurs et leurs activités propres légitimes mais non exclusives?

Je respecte ce que je sais de la mission pionnière qu’ a accomplie ici la première équipe de la MPEF il y a 35 ans. J'approuve aussi et je partage plusieurs des principes théoriques d’analyse que JP Morlay expose dans son article et qui peuvent aider à la création de nouvelles Frat . Mais cette analyse ne peut pas se conclure par un portrait exécuté d'un trait caricatural de la Fraternité de Trappes d'aujourd'hui dont la mission évangélique et populaire au sein de la population de la ville est bien plus riche et plus fine que celle d'un simple "centre social ou d'un secours protestant ». Ici l’apprentissage et l’expérimentation fraternelle du « vivre ensemble » et la lutte pacifique et participative des quelques centaines de femmes et d’hommes qui fréquentent notre Frat et qui y cherchent comment trouver « une place digne et juste dans la société et la ville de Trappes », sont des valeurs évangéliques centrales vécues, reconnues et parlées. Et ça, pour moi, ce ne sont pas des « trucs pour réussir », mais des réalités quotidiennes dans lesquelles s’investissent ensemble et parfois dans la douleur des salariés et des bénévoles venant de Trappes et des environs, et parmi eux il y a, oh miracle, « ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas ».*

Frédéric Trautmann
président de la Fraternité Miss Pop de Trappes
juillet 2013


* poème de Louis Aragon « La Rose et le Réséda »

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Chers amis du comité de rédaction de "Présence"

Je me permets de vous écrire suite à la lecture de l'article de Jean-Paul Morley dans le dernier numéro de "Présence". C'est toujours intéressant et utile, je pense, de tenir compte des erreurs du passé pour construire l'avenir et l'article en question aurait pu être intéressant... Ceci étant, après l'avoir lu et pris le temps d'y réfléchir, je me pose quelques questions : je souhaite savoir si quelqu'un du comité de rédaction a pris le temps de relire cet article avant qu'il ne soit publié ? Si c'est le cas, je ne comprends pas que ceux qui ont relu l'article en question ne se soient pas douté un seconde qu'il allait blesser profondément ceux qui sont mis en cause dans le texte. Cela ne ressemble pas à un article d'analyse mais à un règlement de comptes... Je n'étais pas là à l'époque, je ne connaissais même pas Trappes mais je me sens moi-même blessée par les propos écrits par ce monsieur, que par ailleurs je ne connais pas ... Quand on prétend faire un travail d'analyse pour "tenir compte des erreurs du passé", peut-être faut-il le faire sans à priori, de manière professionnelle et documentée - si ce n'est neutre - et jusqu'au bout : je ne crois pas avoir croisé Jean - Paul Morley à la Frat de Trappes ces derniers mois ?
Je suis déçue qu'un tel article puisse être publié dans un journal comme Présence ... Si l'objectif était de "donner une leçon à la Frat de Trappes " (et quelle leçon ??), je crois que c'est un peu raté ...

Dernière petite chose : je cite la dernière phrase de l'article "Mais elle est restée une sorte de centre social, le "secours protestant", sans, si j'ai bien compris, jamais réussir à trouver ou retrouver une activité spirituelle ouverte que s'approprient les habitants." Concernant cette dernière allégation, Monsieur Jean - Paul Morley pourrait-il nous dire quelles sont ses sources d'informations ? Quand on écrit un article sur quelque chose ou quelqu'un, il me semble honnête et utile de citer ses sources (comme le fait tout bon journaliste)...
Ce jugement à l'emporte-pièce sur la Frat de Trappes aujourd'hui est blessant pour moi, mes motivations chrétiennes au service de la Frat sont réelles et bien présentes même si elles ne sont pas "pastorales" au sens où Monsieur Morely l'entend certainement...
Si des erreurs ont été commises à la Frat de Trappes (et sont encore commises tous les jours sans aucun doute), c'est que, nous avançons dans un contexte complexe (les évènements des derniers jours vous le confirment si il était besoin ...) avec nos sensibilités, notre humanité en marche, notre projet spirituel peut-être un peu atypique mais pourtant bien présent, n'en doutez pas ... Nous avançons, comme le Christ nous le demande, non en guerriers conquérants, mais en chrétiens heureux d'être là et d'accompagner au quotidien les Trappistes...
Avec toute mon amitié


Valérie Rodriguez
Directrice
Fraternité Mission Populaire de Trappes

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Voici une autre réaction, sous la forme d'une réécriture de l'article de Jean-Paul Morley, à lire avec l'article en perspective


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  1. Comme cela fut le cas à Trappes, une étude de terrain doit être faite, approfondie et sans précipitation, menée par des gens proches de la réalité et vraiment concernés, et non pas par des "professionnels de la Miss pop" plus ou moins parachutés. Si une frat n'est pas souhaitée, appelée et soutenue par une communauté vivante, a-t-elle un avenir ? (le reste du paragraphe sans changement)
  2. Comme ce fut le cas à Trappes, une équipe de soutien, aussi œcuménique que possible est absolument nécessaire, avant d'appeler un permanent. Commencer par répondre petitement aux besoins les plus évidents, pour nouer des contacts nombreux dans tous les milieux. Il n'est pas nécessaire que le permanent soit pasteur, car chaque chrétien (surtout dans le protestantisme) peut être "porteur d'une dimension chrétienne" mais dans certains milieux c'est un plus. "Accord sur le fait que le permanent ne peut être seul porteur du projet".
  3. A Trappes comme ailleurs, pourquoi refuser des braderies tant que cela répond à un besoin ? Elles avaient lieu sur les marchés dans diverses communes. A Trappes elles ont été un excellent moyen de rencontrer, de parler, de faire tomber des barrières, de nouer des amitiés. Elles ont vite cessé quand le besoin a été autre et quand la frat a accueilli sa première envoyée qui a pu initier d'autres choses. Comme à Trappes, ouvrir un atelier informatique et un accès à internet pour lutter contre la fracture numérique, la fracture entre générations, et permettre l'accès à de nombreux services publics. Ne rien "distribuer", organiser des fêtes avec (et non pour) enfants et adultes,...
  4. Comme à Trappes, constituer une équipe locale avec tous ceux qui s'engagent et proposent leurs compétences et leur temps, chrétiens ou non, sans refuser ceux qui habitent un peu plus loin. Accueillir positivement ce mélange de milieux culturels et ces occasions de partage, qui auraient été hautement improbables sans la frat. Ne pas manquer une occasion de dire notre conviction que nous sommes tous enfants du même père, et d'expliquer (par exemple) le sens des fêtes chrétiennes. Interroger nos pratiques respectives, chrétiennes et non chrétiennes, avec respect et liberté (ce qui n'est pas facile !)
  5. "Chercher le soutien et la collaboration des paroisses voisines, quelle que soit leur confession", et quel que soit leur milieu social supposé ! (plutôt que les dénigrer !) Élargir cette recherche même aux confessions non chrétiennes. Et ne pas chercher à faire artificiellement "paroisse" à la frat.

Éliane Humbert Fraternité de Trappes


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Aux responsables de la MPEF

Rentrant de vacances, je viens de recevoir le dernier numéro de Présence - été 2013. Comment ne pas vous faire part de mon étonnement à la lecture du long article de J.P. Morley ?
En effet je ne suis pas versaillaise ni protestante, mais élancourtoise. Je me suis trouvée par le biais du centre Œcuménique d'Elancourt (commune voisine de Trappes), amenée dans les années 78-80 à participer aux braderies organisées dans le but « d'aider des enfants à partir en colonies de vacances ». Ces braderies n'étaient pas organisées sous le sigle Miss Pop, ce dont se défendait l'organisatrice Louise Carmichaël. A titre anecdotique je signale que c'est mon vieux break GS Citroën qui servait alors au transport des tréteaux et du haut-parleur ! (Voir le livret-souvenir que vient d'éditer la Frat de Trappes !)
Petit à petit j'ai eu la curiosité de connaître cette association en gestation dont on parlait au centre Œcuménique et il me paraissait intéressant, plutôt que de toujours « parler » avec des protestants, de faire quelques chose de concret avec eux.
Je n'avais aucune idée des projets, buts, fonctionnement de la Miss Pop, ne faisant bien sûr pas partie de l'équipe de réflexion. Cependant l'idée m'a plu. Je me suis alors intégrée dans l'équipe de soutien scolaire (c'est ainsi que l'on disait) entraînant avec moi plusieurs amies non versaillaises et non protestantes. Il m'arrive encore de rencontrer certains de ces enfants devenus adultes et parents !
Ensuite nous avons porté avec beaucoup d'enthousiasme l'animation d'un groupe d'alpha et de convivialité pour les femmes..,.ceci depuis 28 ans ! Et pour finir, incitation via nos époux à la création d'un groupe d'hommes. Quelques années plus tard, grâce à un travail régulier d'explication et d'évolution des mentalités, tout cela a débouché sur la mixité totale, bénévoles et participantes, toutes ethnies et cultures représentées. Pas si évident que ça à réaliser à Trappes.
Jean-Paul Morley semble regretter beaucoup "l'absence du spirituel "...je ne partage pas son point de vue ! Pas de cultuel, Dieu merci, mais des échanges entre personnes de toutes origines culturelles, sociales, religieuses, y compris sous l'angle des convictions religieuses et philosophiques des uns et des autres et dans le respect mutuel de chacun. Tout cela naturellement .dans les moments d'étude, de convivialité, tout simplement.
Certains "permanents" (moins permanents que moi !) ont voulu parfois faire en sorte que nos "apprenants" nous remercient, nous autres bénévoles. Cela n'avait aucun sens. Car si nous donnons notre temps et un peu de nos connaissances, que ne recevons nous pas en échange: gentillesse, amitié, confiance, ouverture à d'autres cultures.
Des liens se sont tissés, le fait d'habiter sur place permet souvent des rencontres dans la ville. Dernière en date ce matin à l'entrée du centre commercial de Maurepas (également proche de Trappes) je croise une femme maghrébine qui me salue. Surprise, participante dès le début aux activités Miss Pop, je ne l'avais pas revue depuis 15 ans suite à son déménagement. Heureuse de s'entendre appeler par son prénom, nous échangeons des nouvelles de nos familles respectives. Maintenant en retraite et profitant enfin de temps libre, elle me conseille de surtout ne pas abandonner la Miss Pop, pour ma santé et le bonheur des MissPopiens.
Pour finir, j'ai eu un peu le sentiment que Jean-Paul Morley réglait tardivement des problèmes relationnels avec l'équipe de Trappes et les protestants versaillais, ce que je trouve regrettable.
Ce qui importe, il me semble, c'est l'écoute de ce qui est demandé par les Trappistes, en l'occurrence surtout un soutien pour parler français, apprendre à vivre et trouver sa place à Trappes et plus généralement être autonome dans la société, aider les enfants, rencontrer des Français attentifs et amicaux et Dieu fera le reste !
Bien fraternellement,

Andrée Dorier

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Pour finir une réaction de Jean-Paul Morley et ses excuses

"Sincèrement désolé que mon modeste article ait pu choquer ou blesser certains : je comprends que je l’ai écrit trop vite, et que certaines de mes formulations ont sans doute trompé sur leur sens ou mon état d’esprit. Et je voudrais m’en excuser très vivement auprès des personnes qui se sont senties injustement remises en cause.
Redisons ce que j’écrivais : je suis absolument convaincu que le poste de Trappes (permanents, salariés et bénévoles) fait un travail remarquable, avec engagement, passion et succès, dans des conditions très difficiles dont j’ai pendant 10 ans connu les prémices.
Ce qu’on m’avait demandé, c’est de proposer une brève analyse sociologique du démarrage d’un poste, pour réfléchir à la méthode. Pourquoi critique ? Parce que c’est l’intérêt de l’exercice, et que, me semble-t-il, le poste de Trappes a peut-être manqué une dimension : celle d’être aussi un lieu d’annonce et de partage explicite de l’Evangile avec le peuple de Trappes. Pas uniquement à travers le témoignage personnel de ses membres, mais en tant qu’institution ou organisme, comme c’était son projet initial et celui de la MPE. Tant mieux si je fais erreur !
Je regrette en tout cas vivement de m’être mal exprimé et d’avoir choqué, et m'en excuse encore…

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