Je me présente, je m’appelle Chrystelle Favre, je suis originaire du Nord de la France et j’habite la Suisse depuis mes 20 ans. J’ai 4 enfants issus de deux mariages qui ont 21, 18, 7 et 5 ans. Nous habitons la région du Valais. Je suis monitrice des journées d’enfants (6 à 12 ans) au sein de ma paroisse. Un jour, en y allant travailler, mon regard a été attiré par une affiche sur le tableau. C’était en 2008. La Mission Populaire Evangélique cherchait des familles pour accueillir des enfants en vacances en Suisse durant trois semaines. Pouvoir faire quelque chose de concret pour aider plutôt que de verser des dons à des inconnus me parlait au plus profond de moi. De retour à la maison, j’ai demandé à chacun s’il était d’accord de partager notre vie de famille avec un autre enfant durant les vacances. Je leur ai expliqué que ces enfants vivaient beaucoup plus simplement qu’eux, n’avaient pas autant de jouets, et qu’ils manquaient même parfois de l’essentiel et donc que je pensais qu’il serait une bonne chose de partager. Les enfants ont tout de suite été d’accord. Leur spontanéité m’a vraiment surprise. J’en ai ressenti beaucoup de joie et de fierté à leur égard. Et bien sûr mon mari, issu d’une grande fratrie a de suite adopté le concept. C’était merveilleux, un nouveau lien allait naître !

J’ai donc pris contact avec M. Jean-Pierre Thévenaz, responsable de la Mission Populaire Evangélique pour la Suisse et pasteur retraité. La rencontre a tout de suite été très chaleureuse. J’avais soucis de ne pas avoir suffisamment à offrir. Nous formons une famille recomposée et vivons assez simplement. Je ne savais pas si nous répondions aux critères pour accueillir un enfant. Nous ne passons pas, non plus, des vacances de rêve à l’autre bout du monde. Nous avons juste une caravane dans un camping à une trentaine de kilomètres de la maison et nous aimons faire des ballades en montagne. Qu’avais-je donc de spécial à offrir ? Tout de suite, ce pasteur a mis fin à l’ensemble de mes doutes en m’expliquant que seul le dépaysement faisait déjà beaucoup et que la plupart des enfants ne partaient pas en vacances habituellement et aussi qu’ils vivaient très modestement.

Nous nous sommes décidés et un lundi de juillet 2008, Laura est arrivée. Elle avait 8 ½ ans et elle était si petite ! Pas plus haute que ma fille de 4 ans et si menue ! J’ai immédiatement eu envie de la protéger. J’ai de la chance, c’est une petite fille qui est ouverte à la vie, qui s’est tout de suite bien intégrée dans notre famille. Elle est calme, douce, affectueuse. Elle n’est pas exigeante et un rien lui fait plaisir ! Elle est si facile à vivre ! Oui vraiment, j’ai de la chance de la connaître. Il est possible que nous lui apportions beaucoup, comme par exemple, un mode de vie différent, un niveau social plus confortable sur le plan matériel. En échange, nous recevons énormément de sa part, nous prenons conscience de la chance que nous avons dans la vie lorsque nous voyons la joie s’illuminer sur son visage pour des petites choses qui nous paraissent si simples. Aujourd’hui, elle fait partie de notre famille et nous attendons avec impatience le mois de juillet. Elle est devenue très proche et complice des petits, un peu comme des frères et sœurs de cœur. J’aime à penser que nous sommes devenus sa famille de Suisse et que nous saurons garder ce lien privilégié fort longtemps.

Par ailleurs, j’ai de très bons contacts avec sa maman. C’est une femme courageuse, généreuse, soucieuse de ses enfants. Elle fait de son mieux avec ce qu’elle a, pour leur bien-être. Et surtout, je lui suis reconnaissante de la confiance qu’elle nous témoigne. Elle nous laisse de la place pour faire partie de la vie de Laura et nous permettre de la voir grandir, s’épanouir en la laissant venir année après année dans notre famille.

J’encourage chacun chacune à vivre un tel partage ! Je suis convaincue que, sur le plan humain, cet échange est le plus gratifiant qui soit. Nous sortons tous grandis et j’ose imaginer un peu meilleurs. Je me sens un peu comme un disciple de Jésus sur le chemin tortueux de la vie, ni meilleure ni pire que vous, avec beaucoup d’amour à offrir !

Si par ces lignes, j’ai réussi à vous transmettre l’envie de vivre une telle expérience, alors n’hésitez pas, vous me comblez de joie !

Bien sincèrement,

Chrystelle