Il va, en fait, rencontrer ce fameux eunuque éthiopien. C’est donc aussi l’histoire de ce diacre, Philippe, c’est-à-dire un homme qui se laissait conduire par Dieu, qui aimait Dieu et qui avait les oreilles tournées vers le ciel. Un jour, il reçoit une Parole de Dieu dans son coeur : il doit partir pour rencontrer un Ethiopien qui rentre chez lui par la route de Jérusalem, à Gaza, dans le désert, un étranger un peu bizarre, pas tout à fait comme lui, mais un homme important et qui aime aussi Dieu. On peut noter, ici, que la Parole est déjà là sous la forme de cette « intime conviction » qui a surgi dans la personne du diacre. Intime conviction qui est l’Esprit de Dieu, cette personne de Dieu qui nous pousse à vivre, à marcher, à rencontrer, à parler et à aimer en vérité.

« Comprends-tu ce que tu lis ? »

Et Philippe bouge, répond parce qu’il est en relation avec Lui. Il ose, s’approche de cet homme qui lit le livre du prophète Esaïe, et lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? » Et ce haut fonctionnaire éthiopien lui répond : « Comment le pourrais-je si personne ne me guide ? »

Voilà l’action de la Parole, son effet dans notre vie : on se met à parler ; à être intéressé par les autres ; on ose parce qu’on est concerné par ce qui se passe. Philippe aime, connaît la force de vie de la Parole de Dieu que lit justement ce haut fonctionnaire. Alors il entre en dialogue et pose la question importante car elle concerne sa vie et celle de cet homme à la fois si différent et si semblable : Comprends-tu ? Fais-tu du sens avec ce texte que tu lis ? Quelle résonance cela a-t-il en toi ?
Philippe : un coach biblique, un animateur biblique, un témoin disponible. Il reconnaît le texte qui est lu ! Il est versé dans les Ecritures ! C’est là l’action de l’Esprit de Dieu : faire du sens avec la Parole de Dieu qui est dans notre tête. Et faire du sens, c’est déplacer la Parole de la tête vers le coeur. C’est mettre en oeuvre, en action ce que notre tête a compris.

L’Ethiopien, plein de bon sens, répond franchement qu’il a besoin d’aide. Cet étranger avait compris que, tout seul, il n’y arriverait pas. Voyez-vous, si la place de la Parole est au coeur de notre vie, elle réside aussi au coeur de la vie de l’Eglise. Et l’Eglise c’est nous, ensemble, essayant à travers ce journal de faire du sens avec la Parole ; c’est là où deux ou trois sont réunis ; c’est là où le Christ demeure. On n’est pas chrétien tout seul dans son coin. Et c’est de l’Eglise que surgit la Parole : c’est parce que l’on a reçu la Parole que l’on peut aller la vivre et la partager avec les autres.

Il continue son chemin, mais il est joyeux.

Philippe s’assoit, part de ce que l’homme comprend et des questions qu’il se pose. Il explique le texte et annonce la Bonne Nouvelle. Il dit que Dieu avait promis l’espérance, la joie et l’amour et qu’aujourd’hui la promesse a été accomplie avec Jésus-Christ, par sa mort et sa résurrection. Il raconte ainsi l’amour de Dieu pour chacun des hommes et des femmes de ce monde. Il explique le message du Christ, Fils de Dieu, venu nous rencontrer, marcher avec nous. Il dit que le prophète Esaïe avait annoncé la mort et la résurrection du Christ de Dieu.
C’est là le sens de la croix : en mourant pour nous sur la croix, le supplice de l’époque le plus violent, Dieu nous dit son pardon et son amour pour chacun de nous. Et par sa résurrection, il nous dit que Dieu est plus fort que la mort et que désormais ce Dieu ne nous laissera plus jamais seul dans notre vie. Autrement dit, quand le Christ porte sa croix, il témoigne que Dieu ne s’impose pas par la force mais se donne par amour. Sur la croix et au tombeau vide, Jésus-Christ est le Fils de Dieu ! C’est là le sens de la croix vide : c’est Dieu qui te dit que tu peux vivre puisque tu es aimé et pardonné. Demander le baptême, c’est vouloir en témoigner. C’est après cela que l’Ethiopien demande, en voyant un point d’eau :
« Qu’est-ce qui m’empêche alors d’être baptisé ? »

Ainsi, après avoir lu et écouté la Parole, l’Ethiopien, homme de pouvoir et d’importance, veut faire du sens dans sa vie et demande le baptême. Philippe répond : « Si tu crois de tout ton coeur, alors c’est possible », précisant que la Parole doit se loger dans son coeur pour qu’il la vive. L’eau vient dire la mort et la fin de notre vie passée pour renaître et repartir joyeux. Le baptême, oui, c’est être plein de joie. Joie de se savoir aimé par quelqu’un, malgré tout. La vie de cet homme ne va pas se dérouler autrement, il continue son chemin, mais lui a changé : il est joyeux !